Les people espionnés se rebiffent

ESPIONNAGE

Depuis l’éclatement de l’affaire des écoutes illégales du tabloïd anglais New of The World, la liste des personnalités espionnées ne cesse de s’allonger.

Si les responsables de l’empire médiatique de Rupert Murdoch espéraient, par quelques gestes d’apaisement, éteindre le scandale qui frappe le journal New of the World, c’est raté.En effet, ni les pages de publicité achetées dans les journaux britanniques pour publier un texte d’excuses signé du milliardaire d’origine australienne, ni les démissions successives de deux de ses plus proches collaborateurs, ni les déclarations désapprouvant les écoutes illégales n’auront suffi. Hier, Rebekah Brooks, ancienne rédactrice en chef du magazine à sensation, a été arrêtée. La quadragénaire à la flamboyante chevelure rousse est soupçonnée d’avoir, au minimum, connu l’existence de milliers d’écoutes illégales qui garantissaient au tabloïd ses<<scoops>>, des plus petits aux plus lourds, et d’avoir participé à des actes de corruption. Les ruines de ce journal, qui a publié son dernier numéro la semaine dernière après 168 années passées à traquer les infidélités, les frasques et les petits secrets des grands de ce monde,sont encore passées à la concasseuse par les révélations de ses méthodes et surtout, des personnalités qui en étaient victimes. On découvre ainsi que c’est l’ensemble de la planète people britannique qui a été espionnée.Des sportifs, dont les footballeurs David Beckham et Ryan Giggs. Des acteurs comme Hugh Grant,Sienna Miller et son ancien  compagnon Jude Law, des top-modèles, comme Elle Macpherson….

Ministres espionnés,policiers corrompus…

Mais aussi les membres de la famille royale: le princeCharles et son épouse Camilla, William et Harry. Pour des informations aussi essentielles que l’élongation d’un tendon du genou pour le prince William, ou des tensions de couple pour le prince Harry après qu’il s’en fut allé s’encanailler dans un club de strip-tease. Et puis des hommes politiques, comme le maire de Londres, Boris Johnson, ou l’ancien premier ministre Gordon Brown. En tout, l’hebdomadaire du dimanche est soupçonné d’avoir mis sur écoute environ 4.000 personnes au cours des années 2000. Et d’avoir payé certains<<informateurs>>, tels des policiers chargés de la protection de la famille royale.

A chaque jour ses nouvelles révélations. Les enquêteurs de Scotland Yard doivent depuis quelques jours composer avec des accusations les concernant : Sir Paul Stephenson, l’un des plus hauts gradés de la police britannique, semble avoir entretenus des liens avec l’un des anciens collaborateurs du journal, arrêté il y a peu. Le policier aurait ainsi profité d’une quinzaine de séjours dans des hôtels de luxe aux frais de News International, l’entreprise dont dépend le magazine.

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